Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les missives décalées du fou qui danse sa vie
17 octobre 2026

12 La sieste

Je m’étendis dans un coin ombragé à l’herbe avenante et entrepris une douce sieste épicurienne. Cependant mon crâne reposait durement par terre. Saisissant mon calepin, j’écrivis frénétiquement :

« Des cheveux, longs, blonds et bouclés, ondoyaient voluptueusement dans la brise du soir. Ils s’étiraient négligemment, se gonflaient avec plaisir, frémissaient d’excitation, s’effleuraient innocemment, s’entrelaçaient de courts instants, se caressaient de la racine à la pointe, dansaient au rythme de leurs frottements lubriques. »

L’excitation sexuelle de ma chevelure, dans le but bassement matérialiste de disposer d’une couche plus épaisse et plus rigide entre ma tête et le sol, n’engendra aucune érection pileuse à ma grande déception mais non à ma grande surprise. Comme représailles immédiates, je fus tenté d’arracher une poignée de ses cheveux si frigides.

J’entrepris une nouvelle fourberie, plus subtile. J’imaginai une multitude de dormeurs, étendus lourdement les uns sur les autres au milieu d’un nénuphar géant, flottant dans des vapeurs bleutées. Ils ronflaient tous tranquillement, la bouche entrouverte, laissant parfois s’échapper un petit peu de bave…

Le Sommeil s’approcha délicatement de moi. Il cousit d’abord mes paupières fermement. Il remplit ensuite mes membres d’un liquide étonnement lourd, et écrasa toutes mes pensées, avec un étau, en quelque chose d’informe et d’inutilisable. Je m’endormis enfin…

 

 

Commentaires